Vigneron bio, produire le vin autrement

De nos jours, protéger et respecter l’environnement sont devenus des points importants. La viticulture est également touchée par ce phénomène. Certains vignerons se sont convertis au bio pour satisfaire les exigences liées à l’élaboration du vin bio. De nombreuses questions viennent à l’esprit : Qu’est-ce qui change lorsqu’un vigneron passe au bio ? Comment se passe la conversion au bio ? Pourquoi se convertir au bio ? Quelles sont les règles de la vinification biologique ? Où peut-on trouver du vin bio ?

Viticulture conventionnelle, bio et biodynamique

La viticulture est une pratique datant de plusieurs décennies. Elle fait appel généralement à de nombreux types d’intrants visant à améliorer la production de vigne et la protection de culture. À cet effet, de nombreux produits chimiques sont vendus sur le marché : engrais chimiques, pesticides, insecticides et même des vignes génétiquement modifiées. Cependant, face au mouvement de l’agriculture biologique, la viticulture biologique a vu le jour. Elle repose également sur les mêmes bases que l’agriculture biologique, c’est-à-dire le respect de l’environnement et de l’Homme en bannissant l’utilisation d’intrants chimiques dans la culture. Même si la viticulture bio a commencé à être pratiquée bien avant les années 80, les règles qui régissent la production de vin n’ont été officialisées que vers 2012.

La viticulture bio possède une autre dérivée la viticulture biodynamique. La biodynamique est une nouvelle façon de voir les choses. Elle a été influencée par Steiner Rudolf. Les principes de cette idéologie sont l’amélioration des plantes et du sol par le biais des préparations minérales, végétales et animales. L’approche biodynamique pratique fait également intervenir l’astrologie, le cycle lunaire et planétaire. Toutes les pratiques culturelles sont faites à des moments précis du cycle lunaire et planétaire.

La certification de la viticulture biologique est faite par des organismes agréés tels qu’Ecocert, Demeter, etc.

La conversion au bio

Avec l’intérêt écologique et économique que présente le vin biologique, un grand nombre de vignerons se convertissent au bio. Pour qu’un vin puisse être labéllisé bio, il faut avant tout qu’il soit issu d’une viticulture biologique. Pour qu’un domaine se convertisse au bio, il est nécessaire que le vigneron soit conscient des conséquences et des exigences que cela implique. Avant tout, il faudra prendre connaissance du cahier des charges relatif à la culture de vin bio et à la production de vin biologique. Une fois toutes les informations en main, il ne reste plus qu’à les appliquer et changer les habitudes. De ce fait, les vignerons devront revoir leurs équipements et leurs personnels.

Une fois que le vigneron est prêt, il devra déposer sa demande de certification auprès d’un organisme agréé en notifiant que la culture est en cours de conversion. Il existe de nombreux organismes agréés, c’est pour cela qu’il est toujours conseillé de demander des devis pour pouvoir les comparer.

Une fois la démarche administrative faite, l’organisme choisi fera des visites et des contrôles périodiques. Cela aura pour but de vérifier la conformité des pratiques faites par le vigneron. L’organisme pourra faire également des analyses du sol pour suivre l’évolution de la conversion. À chaque contrôle, le vigneron recevra un rapport dans lequel seront notés les écarts vis-à-vis du cahier des charges.

Lorsque le domaine est conforme au cahier des charges, le vigneron pourra apposer le label Agriculture Biologique sur ses bouteilles.

En moyenne, la conversion en viticulture bio peut prendre trois ans. Quand un domaine est certifié, chaque année, il devra être réévalué pour conserver sa certification.

Pinotbleu

Pourquoi la conversion au bio ?

De nos jours le bio est devenu un mode de vie à part entière. De nombreux producteurs de vin se convertissent en bio pour plusieurs raisons : écologiques, économiques et organoleptiques.

Il n’est plus à démontrer que les pratiques conventionnelles sont à la fois néfastes pour l’Homme et pour son environnement. L’agriculture conventionnelle fait intervenir de nombreux produits synthétiques : pesticides, insecticides, etc. À la longue, ces produits synthétiques ont été jugés dangereux pour l’Homme. Ils sont aussi néfastes pour les organismes qui sont présents dans le sol détruisant ainsi l’équilibre du sol. L’utilisation de produits chimiques détruit la qualité du sol avec le temps. Se convertir à l’agriculture biologique, permet d’avoir une agriculture durable.

La conversion se fait également pour des raisons économiques. Avec l’engouement de la population mondiale pour le bio, le marché des produits bios est en pleine croissance. Et le nombre de bouteilles de vin bio produit par année ne cesse d’augmenter.

La troisième raison qui pousse à la conversion est la particularité du vin bio. De nombreux experts reconnaissent que le vin bio, s’il est bien fait, est meilleur que le vin conventionnel. Le vin bio offre plus de goût et semble plus digeste, que ce soit du vin rouge, blanc ou rosé, sa présence en bouche est remarquable. En plus de cela, les vins bios offrent une plus grande diversité au niveau du goût. Les terroirs sont exprimés à travers la boisson. La note de chaque vin est caractéristique du terroir.

La vinification biologique des vins

Avec la règlementation officielle de 2012, la vinification du vin suit maintenant un cahier des charges. Le procédé général de fabrication est toujours le même (vendange, foulage, pressurage…), mais avec des restrictions sur les intrants utilisés. Tous les produits utilisés dans la fabrication du vin bio doivent être traçables. La première condition d’une vinification bio est que le raisin et les autres intrants agricoles doivent être certifiés bio (sucre, alcool, moût…). Pour tous les autres types d’intrants non bio le vigneron devra avoir des attestations non OGM. La liste des additifs autorisés a également été revue. Les acides tartrique, malique et sorbique ne sont plus autorisés. L’interdiction concerne également d’autres additifs comme les enzymes d’extraction, le kaolin et d’autres encore.

La quantité de soufre autorisée dans la fabrication de vin bio a également été revue à la baisse. En général le taux de soufre autorisé se situe entre 100 et 150 mg/L.  Pour le vin naturel, biodynamique et S.A.I.N.S, cette quantité est encore plus basse. Pour le vin biodynamique, le taux se situe entre 70 et 90 mg/L, pour le vin naturel 30 à 40 mg/L, et pour le vin S.A.I.N.S pas d’ajout de soufre.

Où trouver du vin bio ?

Le vin bio se fait de plus en plus rechercher. Pour trouver les meilleures sélections de vin bio, le meilleur endroit reste le millésime bio. Chaque année le salon millésime accueille des professionnels du vin bio du monde entier. Il propose près de 900 exposants venant des différents pays. Comme chaque année les meilleurs vins sont sélectionnés par des experts lors d’un concours et seront présentés pendant la dégustation. À part le salon millésime, on peut facilement trouver sur internet un annuaire de producteur de vin bio par région : Bordeaux, Alsace, etc. ou découvrez les sélections de vin bio proposées par Pinot Bleu.

Pour reconnaître les vins bios sur le marché, il suffit de distinguer les labels inscrits sur la bouteille. Les vins labélisés disposent, sur leurs bouteilles, des logos de certification. Il y a notamment le logo Agriculture Biologique ; pour les vins biodynamiques, il y a le logo Demeter ou Biodyvin. Pour les vins naturels et S.A.I.N.S, il n’y a pas encore de certifications propres, toutefois on peut observer le logo AVN qui signifie (Association des Vins Naturels).