Les vins d’appellation bio

Depuis plusieurs années, certains vins ont reçu l’appellation bio. L’appellation a suscité de nombreuses interrogations auprès des consommateurs comme des producteurs. Voyant tout ce qu’il y a à savoir sur ce nouveau label de vin.

Définition, objectifs et limites

Les certifications biologiques ont pour principal objectif la sécurité alimentaire et environnementale. Après des recherches et des dispositions fondées sur les bienfaits des traitements purement biologiques en parallèle avec la nocivité des produits chimiques souvent d’origine synthétique, l’agriculture biologique est la meilleure pratique à adopter. C’est quoi alors le vin bio ?

Pour le cas du vin français et pour toute l’Europe, l’appellation biologique est officiellement adoptée en 2012. Auparavant, les labels bios ne certifient que les vins issus des viticultures biologiques, mais l’appellation bio du vin prend en compte jusqu’aux procédés de vinification. Le document inclut ainsi de nouvelles dispositions dans l’utilisation d’intrants spécifiques pendant chaque étape de la vinification. Il attribue aussi une traçabilité exigeante des matières premières utilisées, des interdictions et des restrictions durant certaines étapes de la vinification. Pour mériter la certification bio, les producteurs doivent ainsi suivre les consignes dans le cahier des charges.

Les limites et les controverses de cette vision sont nombreuses. On constate par exemple une diminution du rendement de la production biologique par rapport à l’agriculture conventionnelle. Les normes très restrictives des produits biologiques sont telles qu’elles ne permettent pas d’offrir des produits très concurrents sur le marché. On atteste également l’apparition d’organismes pathogènes par l’utilisation des engrais biologiques.

Pinotbleu bio

Historique et les organismes de certification

L’engouement pour l’agriculture biologique française prend ses racines dans les années 60. Précisément, avec la création de l’Association française pour l’Agriculture biologique ou AFAB en 1962. Le premier décret sur la création du cahier des charges n’est apparu qu’en 1980. Plus tard, c’est toute l’Europe qui est touchée par l’Agriculture biologique. En effet, la Communauté Européenne a reconnu en 1991 l’agriculture biologique comme une démarche importante pour la responsabilisation environnementale et sanitaire des agriculteurs. Pour les viticulteurs, le nombre d’adhérents à la viticulture biologique n’a cessé d’augmenter en France jusqu’à atteindre 15% des terroirs en 2007. Jusque-là, l’appellation biologique des vins ne concernait que les vins issus des raisins des cultures biologiques, mais depuis 2012, les vins biologiques touchent aussi les procédés de vinification. Outre la France, l’Allemagne, l’Autriche et la Suisse sont aussi touchées par la vague bio du vin.

En France, la certification du vin bio est assurée par une structure plus ou moins hiérarchisée. Le ministère de l’Agriculture, l’Institut National de l'origine et de la qualité (INAO), Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) sont les organismes d’agrégation des organismes de contrôle en France. Ces organismes sont généralement des entités indépendantes qui s’occupent de la certification biologique de plusieurs produits agricoles, incluant les raisins biologiques. Dans le cas de la vinification, il y a six organismes certificateurs qui œuvrent pour les contrôles du vin bio français. Citons notamment : FNIVAB, Ecocert, Demeter, etc. Ces organismes renvoient à la CREDAC leurs rapports d’audit afin d’être évalués et aboutissant à la conformité de l’utilisation du Logo AB bio.

Les mentions dans le cahier des charges pendant la viticulture

Le label bio soumet aux agriculteurs un cahier des charges très strict pour la viticulture et garantit des produits agriculture plus bio. Les raisins biologiques sont obtenus par l’intermédiaire de la culture des raisins avec 0% d’intrant non bio. Ainsi, il est interdit d’utiliser des produits phytosanitaires synthétiques, mais aussi des produits chimiques comme engrais, pesticides ou fongicides, etc. à la place de ces traitements dits conventionnels. Le viticulteur bio devra s’accommoder à l’association de culture, l’utilisation d’engrais biologique, l’emploi de plus de mains d’œuvre pour les désherbages. Toutefois, le traitement par certains produits de certaines maladies comme l’oïdium et le mildiou est acceptable. Ainsi, l’utilisation des produits à base de cuivre et de soufre comme la bouillie bordelaise est autorisée bien que restreinte. Les produits agricultures bios doivent ainsi se contenter de rares produits phytosanitaires réalisés de la manière biologique comme les produits à base d’huiles essentielles qui restent cependant très couteux.

De point de vue global, l’agriculture biologique est la première arme utilisée en faveur de l’écologie pour limiter les impacts de l’agriculture intensive et conventionnelle sur l’environnement. En effet, il contribue à la diversification biologique, il lutte contre l’érosion, il augmente aussi les revenus des exploitants ruraux et contribue à un marché équitable, il contribue à la pureté des nappes phréatiques, il offre plus d’emploi et surtout il est considéré comme offrant de meilleurs produits agricoles par rapport à l’agriculture conventionnelle.

Pinotbleu bio

Les mentions dans le cahier des charges pendant la vinification

Le nouveau cahier des charges sur le vin bio concernant particulièrement les procédés de vinification, est apparu pour la simple raison que cette étape de production du vin peut aussi utiliser de nombreux intrants qui sont potentiellement nuisibles à la santé de l’Homme.

Ces règlements incluent en premier lieu, des principales exigences pour la transformation, dont des précautions d’hygiène et de contamination en substances toxiques pour la santé. Il établit aussi une traçabilité irréprochable sur l’origine de chaque matière première utilisée. Ainsi, les certificats des fournisseurs, les attestations et les autorisations des organismes de contrôle doivent être vérifiés. Les matières premières doivent être garanties sans radiations et non OGM, l’eau utilisée doit être garantie potable par des documents officiels. Les auditeurs vérifient la qualité des séparations des lots bios des non-bios dans une même usine de vinification.

Et enfin, ils tiennent compte de l’étiquetage, de l’emballage et du conditionnement des produits. Les produits utilisés pendant la vinification sont minutieusement sélectionnés. Durant la fermentation, seules les levures provenant de matières premières biologiques sont autorisées, pendant la filtration, la cellulose et la terre à diatomées sont autorisées, les vins biologiques peuvent être clarifiés à l’aide d’agent biologique comme l’ovalbumine, la caséine les Tanis, et le dioxyde de silicium, etc. plus d’une trentaine de produits peuvent être utilisés pendant l’ensemble de la vinification. Le soufre est limité à 150mg/l.

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