Du bio dans le Bordeaux

Si la viticulture bordelaise certifiée verte demeure modeste (7 %) comparé à l'Alsace (14 %), rien ne saura freiner le mouvement "vertueux" qui la traverse aujourd'hui.

Le mode de production agrobiologique progresse très rapidement au sein du vignoble aquitain. Les chambres d’agriculture d’Aquitaine sont fortement impliquées dans l’accompagnement des viticulteurs qui souhaitent se convertir à l’agriculture biologique. Elles sont attachées à promouvoir un modèle de développement garantissant aux viticulteurs la viabilité économique de leurs exploitations tout en étant écologiquement responsable.

Quelques mots sur le vignoble de Bordeaux

Situé dans la région d'Aquitaine sud ouest de la France, c'est l’un des plus anciens dans le monde. Il propose une belle palette de vins toutes couleurs confondues : blancs, rosés, mais aussi vin rouge ou effervescents produits par des vignerons généralement établis en "château". Des vins bien plus abordables que ce qu’on ne pense, élaborés par des domaines engagés depuis vingt ans dans une viticulture bio et durable. 

Avec plus de 110 000 hectares de vignoble plantés, Bordeaux est une immense région viticole, très réputée pour ses grands vins mais aussi très hétérogène en termes de qualité à cause de sa taille. Mais ce grand vin bio Bordeaux produit est alors d’une finesse et d’une pureté souvent incomparable.

Sa notoriété, qui a fait la réputation du vin français et la région la plus connue du consommateur, est due à sa situation géographique qui lui a permit d'exporter très tôt sa production vers l'Europe du Nord. Mais aussi à des classements successifs en grands crus (classés du 1er au 5ème, Bourgeois, etc..). Le climat continental plus tempéré, avec la proximité de la mer et la variété d'un terroir de qualité, avec des sols de graves et d'alluvions sableuses très recherchés.

Les 60 appellations sont élaborées principalement à  partir des cépages rouges, puissants et structurés comme le merlot, le cabernet-sauvignon et le cabernet-franc . Le sémillon, le sauvignon et la muscadelle entre dans la composition des blancs, secs comme liquoreux. A Bordeaux, les appellations et régions prestigieuses faites pour la garde et les amateurs de vins de dégustations ne manquent pas : Saint Émilion, Sainte Foy, Sauternais, Médoc...  

Le bio, une approche agronomique de l'agriculture

« Préserver et développer la vie et la fertilité naturelle des sols, leur stabilité et leur biodiversité, prévenir et combattre le tassement et l’érosion des sols et nourrir les végétaux principalement par l’écosystème du sol. »

L’agriculture biologique met au cœur de son système le fonctionnement « naturel » du sol. L‘objectif est d’obtenir un équilibre entre le sol et la plante avec une alimentation des plantes provenant majoritairement du sol. Cet objectif est assez facilement réalisable en viticulture pour des vins d’appellation où les exports globaux sont modérés (vendange) par rapport aux apports au sol (restitutions liées à la gestion des enherbements de l’inter-rang, bois de taille, marc de raisin, éventuellement engrais verts). Cela suppose un bon fonctionnement du sol et des précautions agronomiques dans les interventions.

Un article complet sur le vin bio avec sa sélection de vins bio est disponible ici.

Les vins biodynamiques : le graal pour le respect de l'équilibre naturel

Pour obtenir la certification en biodynamie, il faut au préalable être certifié en agriculture biologique (ou être en cours de certification). Il y a donc un « tronc commun » entre la viticulture biologique et biodynamique, mais la biodynamie va beaucoup plus loin dans le sens où elle prescrit le respect des cycles naturels et de la vie des « organismes agricoles » c’est-à-dire de la vie d’un domaine viticole pensé dans son ensemble. Une sorte de démarche bio assortie d’une démarche spirituelle, d’un mode de vie et d’agriculture en osmose avec la nature, un équilibre de la vigne avec son environnement proche tout d’abord, mais également très lointain (influence des astres).

La biodynamie est un système de production inspiré par l’anthroposophie et dont le maître à penser est le célèbre Rudolf Steiner (philosophe et agronome autrichien).

Elle consiste dans les grandes lignes à réhabiliter et intensifier la vie organique au sein des vignes (innombrables micro-organismes présents dans le sol, le sous-sol et sur les vignes), dans le but de mieux respecter l’environnement et de permettre la plus juste expression du terroir dans les vins ; mais aussi à prendre en compte les cycles lunaires et les positions planétaires (pour leur influence sur la vie et la croissance des plantes) ; améliorer la qualité des sols et des vignes naturellement, par des préparations issues de matières végétales, animales ou minérales (les préparâts) pulvérisées à dose homéopathique pour renforcer les vignes ou dynamiser les sols ; travailler les sols par labours pour les aérer. Les doses de sulfites maximales sont plus faibles que pour la viticulture biologique.

Cette démarche fait beaucoup plus débat que le bio et ses défenseurs passent parfois pour des illuminés, pourtant, pour de nombreux dégustateurs, les vins biodynamiques comme les vins biologiques, semblent l’emporter sur les vins conventionnels du point de vue de la qualité organoleptique.

Vin bio : des engagements pris par les châteaux bordelais

En 2016, le vignoble de Bordeaux est engagé à hauteur de 55 % dans une démarche environnementale s’appuyant sur des outils biologiques collectifs devant permettre de produire un vin bio Bordeaux de qualité respectant l’équilibre naturel entre la vigne et son environnement, de préserver la biodiversité, de réduire les pesticides, mais aussi de maintenir l’attractivité économique et les emplois. Une véritable pluralité des modes de production est mise en œuvre : viticulture biologique, biodynamique, intégrée et raisonnée.

Bio et biodynamie : 7000 hectares certifiés

La région bordelaise qui amorce sa révolution bio, a compté l'an passé pas moins de 467 exploitations viticoles certifiées « bio » ou en cours de conversion ont été répertoriées à Bordeaux, ainsi que 44 en biodynamie, mais la pratique est relativement récente. Il faut reconnaître que la pluviométrie bordelaise rend la pratique difficile sans recours aux traitements contre les maladies. 

N'en déplaise à ses contempteurs, le plus célèbre vignoble du bel hexagone change, se remet en question. Sans rien renier de ses attraits historiques qui en agacent certains, le Bordelais entend les reproches quand ils sont justifiés, notamment sur les prix des étiquettes illustres et l'utilisation de la chimie, s'ouvre aux tendances du bio et, au-delà, aux légitimes soucis sanitaires et de protection de la planète. Certes, le vin bordeaux bio demeure modeste (7 %) comparé à l'Alsace (14 %), mais rien ne saura freiner le mouvement "vert-ueux" qui la traverse aujourd'hui. 

Conseils pour bien déguster un Bordeaux

Voici les étapes clés d’une bonne dégustation :

  • La température :

Choisir un vin à bonne température est la base de toute dégustation. Un vin servi trop chaud ou trop frais ne dégagera pas tous ses arômes, c’est pour cela qu’il est important d’en respecter la température de service.

  • La robe (ou la couleur) :

La couleur est un élément essentiel dans la dégustation d’un vin. Elle peut définir de nombreuses caractéristiques du vin comme son âge, son goût, sa texture… Pour observer la couleur d’un vin, il faut pencher le verre (de préférence au-dessus d’un support blanc). On regarde ensuite la couleur sur le bord du verre de vin. La couleur du vin provient de la peau du raisin, c’est-à-dire que plus le vin aura fermenté avec la peau du raisin plus il sera coloré (ou foncé). Pour le château grand Bordeaux rouge la couleur permet de connaître l’âge du vin. En effet, un Bordeaux rouge jeune aura une robe rouge violacée. A l’inverse un Bordeaux rouge ou Supérieur rouge vieux aura une robe rouge orangée.

  • Le nez (ou l’odeur) :

Pour sentir un vin il est important de l’aérer en le remuant dans le verre. Cela va permettre de libérer tous ses arômes et de mieux le comprendre. On retrouve différentes bases de senteurs avec les fleurs, les fruits, le bois etc…

A la dégustation :

  • Le Bordeaux Blanc est un vin plutôt sec, caractérisé par une couleur vert pâle, des odeurs florales et un goût frais avec parfois une pointe d’acidité.

  • Le Bordeaux Supérieur Blanc est un vin moelleux, qui se définit par une « robe » (couleur d’un vin) doré et brillante. Il présente de nombreuses senteurs différentes comme les fruits, les fleurs ou encore le miel. Son goût est souvent doux et sucré.

  • Le Bordeaux Rouge est un vin de couleur rouge foncé avec des nuances de violet ou de orange selon son âge. Ce vin est particulièrement reconnaissable grâce à ses arômes fruités et surtout pour sa légère pointe de tanin (dépôt se trouvant dans la peau du raisin).

  • Le Bordeaux Supérieur Rouge est un vin de couleur rouge foncé avec des nuances de violet ou de orange comme pour le Bordeaux Rouge. On y retrouve souvent des arômes boisés et un goût de fruits bien mûrs comme le cassis.

  • Le Bordeaux Rosé est un vin frais, de couleur rose pâle, avec des arômes fruités et floraux. On y retrouve souvent un goût fruité parfois acidulé rappelant les agrumes

Dans un tout autre registre, découvrez cet article sur le Sancerre pour tous les amateurs de vins et de fromage.